02 avril 2008
Esprit es-tu là ?
C’est toujours pareil. Il suffit que je dise « rien à
dire, rien à écrire » et que j’assaisonne ces jolies pensées de quelques
jurons mentaux & multilingues bien sentis, pour que l’inspiration et les
idées reviennent au galop.
Manque de chance j’ai peu de temps pour écrire, du coup il y
a carambolage mental dans mon cerveau.
(pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
je me le demande…)
Mon esprit de contradiction semble ne pas avoir fini sa
croissance, il serait en pleine crise d’adolescence que cela ne m’étonnerait
pas plus que cela.
Me voilà bien.
01 avril 2008
Ceci n'est pas un poisson d'avril
Je n'ai plus rien à dire, plus rien à écrire.
Plus vraiment de désirs, d'ailleurs (avec ou sans virgule, au choix).
Ataraxie ou presque, on va dire.
Il ne me reste plus qu'à me mettre à pousser la chansonnette, tiens...
28 mars 2008
Thank God it's Friday
La nuque raidie,
le dos douloureux,
le poignet gauche en mode tendinite pianistique
et le visage de cernes envahi...
Le moral reste au beau fixe mais je paie quelque peu les excès de la semaine...
Alors je crois que je vais (enfin) m'écouter un peu et offrir à ce pauvre organisme malmené les heures de couette, massages, douceurs et autres petits
plaisirs qu’il me réclame.
Et rattraper avec lui le temps perdu...
(I am glad I don't have any, anymore.)
(Source PostSecret)
26 mars 2008
Futil'idées
Peu de temps pour écrire, peu de temps pour bloguer… ma
blogroll se réduit comme peau de chagrin au fil des jours (je réinvente le
concept « un blog par jour » en l’appliquant à mon lecteur RSS façon « grand
nettoyage de printemps », c’est une occupation comme une autre), et au
final j’y gagne en qualité. Et c’est très agréable, ma foi. La même chose dans
ma boîte mail, d’ailleurs (celles et ceux à qui je pense se reconnaîtront, I
guess).
Moins mais mieux, leitmotiv du printemps ? Pourquoi pas.
Je ne sais pas où va ce blog. Au départ c’était un projet
pour ma « vie d’après » mais j’ai changé d’avis (et de vie) en cours de route et
si « vie d’après » il y a, au final, elle ne sera pas celle que j’imaginais
il y a encore deux mois.
C’est rassurant de se dire que rien n’est inéluctable et qu’aucune situation n’est jamais vraiment désespérée. Que faire des choix, c’est libérateur. Pour moi c’est une révélation, en tout cas.
Le blog n'est pas qu'un miroir des peines, chagrins et autres prises de tête. Pas pour moi, en tout cas.
Je vais bien.
C'est déjà ça.
23 mars 2008
Empty Dumptie*
Les choses bougent, autour de moi. En moi. Lentement mais sûrement.
Printemps, saison de mue. J'ai l'impression d'avoir laissé derrière moi une "vieille peau", une enveloppe obsolète qui ne me correspondait plus. Un moule étriqué qui m'empêchait de respirer, plein de doutes et de culpabilité.
Maintenant que j'en suis débarrassée, bizarrement, je me sens vide.
Des piles d'espace de cerveau disponibles, en fait.
A remplir ? Je ne sais pas. Je ne me pose plus (autant) de questions et il m'arrive même, parfois, d'avoir la tête vide. Du jamais v(éc)u.
Alors plutôt que de m'empresser de faire l'abeille et de combler ces vides, peut-être que je ferais mieux de les apprivoiser et de me laisser vivre ?
A suivre...
* explication du titre ici...
21 mars 2008
Nocturne
Je ne suis pas une passionnée, je ne l'ai jamais été et je ne le serai peut-être jamais. Ce n'est ni un mal ni un bien, c'est ainsi. Mon être est ainsi fait que tout passe par le cerveau, filtre et protection, merveille de mécanique bien huilée qui fait que toujours je pense avant de ressentir (et de vivre, mais ça c'est une autre histoire).
C'est ainsi que j'ai toujours fonctionné. Cela change peut-être un peu oui, j'y travaille. Mais c'est lent et long, alors n'y comptons pas trop.
Tout ça pour dire qu'il y a plusieurs amours et que certains ne sont pas (ne seront jamais ?) pour moi.
Ce que je peux lire de ces amours-là, de ces passions, dans cette bloguibulle dont je m'éloigne chaque jour un peu plus, me fascine et me fait peur tout à la fois. Et m'interroge. Est-ce que je suis capable de vivre une telle histoire ? Est-ce que cela peut m'arriver ?
La réponse est non, pour l'instant. Il m'a fallu du temps pour le comprendre et pour l'accepter, et cela ne m'attriste pas au final. Si une telle histoire me tombait dessus aujourd'hui, je crois que je ne serais même pas capable de m'en rendre compte. Parce que je ne suis pas dans cette optique-là, parce que je ne suis pas prête. En admettant qu'on le soit un jour. Parce que pour l'instant, la passion, je ne sais pas faire.
Pourquoi ces mots ce soir ? Parce que ces histoires-là, je les ai cherchées, je les ai voulues, longtemps. J'ai voulu vivre dangereusement, j'ai voulu l'extrême, le fort et l'intense. Je l'ai eu, d'une certaine manière. Mais ce n'était pas de l'amour. Et je m'y suis perdue.
Ma conclusion est donc simple : quand on cherche on ne trouve pas. Alors autant envoyer paître les vieux dictons et les maximes et arrêter de chercher et d'attendre, ou de courir des marathons à la recherche de chimères ou d'idéaux.
Mieux vaut choisir de vivre, pour commencer. La suite n'appartient qu'à moi.
Gotye, Hearts a mess*
(* Ton coeur, c'est un grand bordel et c'est pas peu de le dire) (oui la traduction est de moi)
18 mars 2008
Brève (en mode météo)
Mon ciel est passé de noir à gris,
et j'entrevois même, là-bas pas si loin, quelques jolies éclaircies...
Vivement le printemps... !
17 mars 2008
3/3 - l'adieu aux larmes
Chaque départ sonne comme un abandon, une trahison. Un glas.
Inventer une date de retour, la convertir en heures, en jours, afin qu'ainsi elle semble plus proche.
Faire illusion.
Il y a bien longtemps qu'ils ont compris le subterfuge et qu'ils savent. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie, mes grands-parents. Mais ils font comme si... malgré tout.
Essuyer les larmes dans leurs yeux ou détourner la tête.
Et faire semblant de ne pas avoir entendu lorsqu'il dit :
- Reviens vite, j'aimerais te revoir avant...
Eviter de se demander, en partant, si c'est la dernière fois que...
si la prochaine fois, il...
et si à ce moment-là, elle...
Et bénir (ou maudire, selon l'humeur) l'inventeur des points de suspension...
13 mars 2008
2/3 - colchique dans les prés*, mémoire fanée
Assise sur le banc dans la cuisine, je la regarde s'agiter. Microtâches pour moi, gestes essentiels pour Elle.
- Tu veux un thé, un café ?
- Un thé, si tu en prends un avec moi.
- D'accord.
La main tremble en sortant les sachets de la boîte, et s'attarde machinalement à les compter. Déjà l'eau fume dans les tasses mais elle tourne et retourne son sachet entre ses doigts, et s'absorbe dans sa contemplation, sourcils froncés.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je lis les instructions, j'ai peur de me tromper.
- Tu ne sais plus faire du thé ?
- Je n'en bois jamais, tu sais.
Surtout ne pas lui rappeler qu'hier à la même heure, nous en buvions un ensemble. Et qu'elle n'a pas hésité, lors de la préparation. Surtout ne pas penser qu'aujourd'hui est une mauvaise journée.
Sourire. Rassurer.
- Regarde... fais comme moi...
et lui montrer.
Le flot des mots roule, mais le débit n'est plus aussi fluide qu'autrefois. Souvent elle cherche ses mots, s'énerve... et même le dialecte ne l'aide plus, et tourne parfois au chinois. Entre ses langues, elle s'emmêle, et ne sait plus laquelle est la sienne.
Procéder par analogies, la calmer, changer de sujet. Et surtout ne pas parler de Lui, pour ne pas l'énerver. Chut...
Soudain elle se lève brusquement et disparaît. Quelle mouche l'a piquée ?
Je la retrouve deux pièces plus loin. Méthodique, elle ouvre un à un les tiroirs d'une commode, bouscule leur contenu, les referme. Et recommence.
- Qu'est-ce que tu cherches ?
- Je voulais te montrer... je ne le trouve plus... pourtant je suis sûre de l'avoir rangé là !
- Tu as déjà regardé trois fois dans ce tiroir en deux minutes.
- Tu es sûre ? Je ne m'en souviens pas... dit-elle en ouvrant le tiroir qu'elle vient de refermer.
Participer au jeu de cache-cache. Eliminer la commode. Ouvrir les portes des autres pièces. Ne rien dire en constatant qu'elle ne se rappelait plus qu'il y avait encore une pièce derrière cette porte. Une mauvaise journée, oui, elle n'était pas comme cela hier.
Inverser les rôles et jouer la Maman, pour celle que je considère aujourd'hui encore comme ma seconde mère.
Pas facile à vivre tous les jours, cette saleté de maladie d'Alzheimer.
* Ne me demandez pas pourquoi, mais cette chanson me fait penser à Elle.
12 mars 2008
1/3 – l’a-tendre
Il demeure immobile, calmement allongé, mains croisées sur
la poitrine. On pourrait croire qu’il dort mais ses yeux sont grands ouverts et
fixent le plafond.
Il n’est de loin pas impotent mais il préfère rester là,
jour après jour. La moindre minute passée hors du lit lui semble une éternité
et je lis l’impatience dans ses yeux lorsque je le force à se lever.
Qu’attend-il ? ou plutôt : que craint-il ?
De ne pas être au rendez-vous lorsqu’Elle viendra ? De ne pas avoir le temps d’adopter la pose solennelle qu’il se donne, dans ces moments-là ?
A cette question, il ne répondra pas. Mais je n’ose pas la lui poser, en réalité.
Alors je dépose un baiser sur son front et je m’éloigne sur la pointe des pieds…

